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1939 1955

1955 1965

1965 1971

1971 aujourd'hui
Enfance et adolescence dans l’Ouest canadien - 1939-1955

 

Rien dans les antécédents de Vladimir Horik ne semblait le destiner à devenir un jour artiste peintre. En effet, il est issu d’une humble famille d’immigrants ukrainien qui étaient de modestes cultivateurs dans leur pays d’origine. Son père, venu «visiter» le Canada à l’âge de 18 ans, a abouti en Alberta et n’en est jamais reparti. Sa mère est née sur une ferme albertaine d’un père également originaire d’Ukraine qui n’avait que dix ans lorsqu’il est venu s'installer en Alberta avec ses parents en 1898, avant même que cette région ne devienne une province canadienne, faisant de lui un véritable pionnier de l’Ouest.


Vladimir à 4 ans environ

Le mariage de ses parents, célébré en 1937, donne lieu à la naissance un an plus tard d’une fillette mort-née, à celle de Vladimir l’année suivante et se solde par un divorce peu de temps après. Son enfance et son adolescence se dérouleront donc au rythme des nombreux déplacements de sa mère qui devait gagner sa vie et qui ne pouvait pas toujours s’en occuper personnellement. Il vivra tour à tour avec sa mère ou son père, à Edmonton, chez des amis de sa mère, qui s’occuperont de lui comme de leurs propres enfants, enfin avec un oncle et une tante qui exploitent une ferme à l’est d’Edmonton et qui ont un fils de son âge. Il le dira souvent lui-même: «Même si je viens d’un foyer désuni, je n’ai jamais manqué, ni de soins, ni d’attention, ni d’amour»".

Vers l’âge de huit ans, sa mère l’emmène vivre à Field, en Colombie-Britannique, et pour lui, ce sera une période dorée qui le marquera à jamais. Situé dans le parc Yoho dans les Rocheuses, le village de Field , tout en offrant à ses habitants un rythme de vie calme, libre et très proche de la nature, est en même temps une plaque tournante du trafic ferroviaire. Il peut donc à sa guise faire des excursions en montagne, construire avec des copains une cabane dans les arbres, aller à la pêche dans les rivières poissonneuses, faire du ski de montagne et de randonnée et aller admirer les grosses locomotives et les longs convois qui font tous escale à Field. C’est sans doute là que naîtra et s’épanouira son goût pour la nature, les montagnes et les paysages.


Locomotive à vapeur sur laquelle travaillait Vladimir

À 15 ans, sa vie d’écolier prend fin prématurément et un «grand frère adopté», qui travaille pour le CPR à Edmonton, favorise son embauche comme cheminot. Son travail - de nuit par surcroît - consiste à s’occuper de l’entretien des énormes locomotives à vapeur qui propulsent les convois: allumer le feu pour générer la vapeur, graisser les roues, déplacer les locomotives pour les remplir d’eau et de charbon et finalement les ramener dans la rotonde. Fier de se voir confier un travail d’homme dans un milieu qui lui rappelle de bons souvenirs, il accomplit sa tâche de son mieux, mais il admet s’être senti quelquefois terrorisé par la grosseur et la puissance de ces engins, lui qui était si jeune et pas très grand.

Cependant, ce travail devient monotone à la longue; il aspire à une vie plus stimulante et il cherche un moyen de sortir de son milieu. Il sait que le monde est vaste et que le sien est limité. Il voit une affiche des forces armées canadiennes représentant un parachutiste qui effectue une descente dans un beau ciel bleu et arborant le slogan «Engagez-vous et découvrez le monde». Il n’en faut pas plus au jeune homme avide de changement et d’aventure: il s’enrôle à 17 ans dans l’armée canadienne. C’est aussi à cette époque que son père, qui s’était remarié bien des années auparavant, a deux autres fils qui deviennent les frères qu’il a toujours rêvé d’avoir, mais qu’il n’a alors malheureusement pas la chance de connaître ni de fréquenter beaucoup à cause de ses nombreux déplacements dans le cadre de ses fonctions militaires.

Le jeune militaire au Canada: 1956-1965